Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l’esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
Et que de l’horizon embrassant tout le cercle
II nous verse un jour noir plus triste que les nuits;
Quand la terre est changée en un cachot humide,
Où l’Espérance, comme une chauve-souris,
S’en va battant les murs de son aile timide
Et se cognant la tête à des plafonds pourris;
Quand la pluie étalant ses immenses traînées
D’une vaste prison imite les barreaux,
Et qu’un peuple muet d’infâmes araignées
Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,
Des cloches tout à coup sautent avec furie
Et lancent vers le ciel un affreux hurlement,
Ainsi que des esprits errants et sans patrie
Qui se mettent à geindre opiniâtrement.
- Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
Défilent lentement dans mon âme; l’Espoir,
Vaincu, pleure, et l’Angoisse atroce, despotique,
Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.
Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal.
Ouais, je sais, ça craint.
Où trouver l’inspiration et la motivation, à vrai dire ? Auprès d’Elle ? On verra. Après tout, le destin se moque bien de moi, alors rira bien qui rira le dernier.
Ce matin, un chat noir au bas de ma fenêtre. Il me regarde, je le regarde. Dans ses yeux germait un ouragan. Il me voit comme il voit les autres, tout près à se jeter sur moi.
J’ai déjà été détesté
bébé
enfant
homme.
J’ai déjà été faible
fort
naïf
innocent
intelligent
stupide
pessimisste
sous-estimé
et sur-estimé.
J’ai déjà déçu
On m’a déjà beaucoup déçu.
(même trop)
J’ai appris
J’ai oublié
et je me suis souvenu, d’autres fois.
J’ai déjà demandé pardon.
J’ai pardonné.
J’ai aimé.
J’ai désiré.
J’ai déjà voulu
J’ai eu
Je n’ai pas eu
J’ai
Je n’ai pas
J’aurai.
J’aime,
J’adore,
Je vis
Je touche.
J’ai déjà stressé.
J’ai été calme.
J’ai pleuré.
J’ai vu pleurer
et j’ai été l’épaule de quelqu’un.
J’ai voulu pleurer et je n’ai pas réussis.
J’ai gagné,
J’ai perdu.
Et je perds. Je perds.
‘Who hath dared to wound thee?’ cried the Giant; ‘tell me, that I may take my big sword and slay him.’
‘Nay!’ answered the child; ‘but these are the wounds of Love.’
‘Who art thou?’ said the Giant, and a strange awe fell on him, and he knelt before the little child.
And the child smiled on the Giant, and said to him, ‘You let me play once in your garden, to-day you shall come with me to my garden, which is Paradise.’
Selfish Giant - Oscar Wilde